Ma famille d'abord, ou comment faire perdurer les clichés...
Depuis le Cosby show, on sait que les Américains sont beaucoup plus communautaires que nous et qu'ils n'hésitent pas à faire des séries black only. Celle du moment sur M6 : Ma famille d'abord. Le pitch : le quotidien d'un couple et de leurs trois enfants, dont deux adolescents, garçon et fille. J'avais découvert cette série quand elle passait à 20 heures, mais avait rapidement changé de chaîne. J'avais fait une croix dessus, mais sa programmation actuelle à 13 heures rend plus difficile son contournement. J'ai mes petites habitudes et je suis en général fidèle aux programmes du midi de M6 :-)
J'évite pourtant Ma famille d'abord le plus possible. Au début, je n'y voyais qu'une sitcom parmi d'autres, distrayante à défaut d'être drôle. Mais à y regarder de plus près, le discours de cette série est assez nauséabond. Le titre original est assez révélateur : My Wife and Kids nous indique bien qu'ici c'est au point de vue du père qu'on s'intéresse. Après tout, pourquoi pas, c'est un part pris. Ce qui est plus embêtant c'est d'être dans une représentation assumée du père de famille qui rêve que sa femme cesse de bosser pour se consacrer à sa petite famille, ce qu'elle fait si mes souvenirs sont bons. Sérieux, en 2008, certains osent encore tenir ce discours ??
A y regarder d'encore plus près, on remarque que Ma famille d'abord fonctionne entièrement sur les préjugés hommes/femmes, en gros Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus, mis en fiction. Loin de moi l'idée de nier les différences culturelles (et j'insiste sur le « culturel ») que l'on peut observer sur une majorité d'hommes et de femmes. Mais là où Sex & the City interroge ses différences, Ma famille d'abord se contente de faire rire de ce qu'elle considère comme des états de faits : les hommes sont des obsédés sexuels, les femmes sont des chieuses, les hommes et les femmes ne savent pas communiquer, les femmes sont superficielles, les hommes sont débrouillards et cools, et le summum du summum de la honte : les femmes sont insupportables quand elles ont leurs règles. Préjugés sexistes ? Si peu...
De plus, alors qu'on pourrait croire qu'ils sont l'électorat typique d'Obama, leur rapport à la grossesse sonne plus très McCain-Palin. L'avortement ne semble pas avoir son mot à dire... Le couple est lui-même un ancien couple de parents adolescents, qui avaient 16 ans à la naissance de leur fils aîné. J'ai vu en zappant il y a quelques mois que ce même Junior, pas beaucoup plus vieux, était devenu lui-même un très jeune père de famille, visiblement marié pour l'occasion. Tout ça dans la joie et l'allégresse. Quand on connaît la problématique des grossesses adolescentes dans la communauté afro-américaine, je trouve ça vraiment limite.
Alors M6, si tu m'écoutes, je ne t'en voudrais pas si tu décidais de rediffuser pour la énième fois Malcolm ou Une famille presque parfaite :-)
Et un article sur Chuck Bass sur le site Gossip girl : le charme vénéneux de Chuck !