Ma Sorcière bien aimée... pas tant que ça !
Il y a des créneaux horaires sur lesquels M6 galère. Il fut un temps, c'était l'access prime-time qui posait problème mais Un dîner presque parfait et 100% Mag ont fait oublier les errances de programmation. Reste le problème de l'heure du dej... Avant c'était réglé, une sitcom et Dr Quinn, femme médecin et la Petite Maison dans la Prairie en alternance. Pas assez hype visiblement, on est passé au tout sitcom, avec même une tentative de talk show (Sacrée Laurence). Ca ne donne pas grand chose, tout comme la rediffusion d'Un dîner presque parfait. Ca ne marche pas à tous les coups !
Dans ce cas-là, qu'est-ce qu'on fait ? On reprend les recettes d'antan. Welcome back Ma Sorcière bien aimée et la Petite Maison dans la Prairie ! Je pensais qu'une série de 1964 était condamnée au câble et à la TNT, mais il faut croire que la sorcière a droit à une dérogation.
Avec 40 ans de recul, que penser de Ma Sorcière bien aimée ? Qu'elle a donné naissance à plein de petites sorcières aux pouvoirs divers et variés, certes. Qu'elle fut l'une des premières héroïnes de télévision, c'est vrai aussi. Néanmoins je peine à déterminer le degré de progressisme de la série.
Samantha est parfaite. Gentille, brillante, courageuse, multi-tâches... on ne peut le nier, Ma sorcière bien aimée donne une image très positive de son héroïne. Oui, mais ça ne suffit pas ! Jean-Pierre (qui, rappelons-le, ne s'appelle pas Jean-Pierre en vrai, mais à l'époque le téléspectateur de base n'était pas aussi familiarisé au Declan, Stanford, Sawyer... et risquait d'être choqué par « Darrin »), Jean-Pierre donc, est un crétin. Son patron lui est carrément un gros salaud d'exploiteur qui lui demande toujours l'impossible, et Jean-Pierre frôle systématiquement la catastrophe, sauvé in-extremis par sa chère petite épouse.
Le problème est là, Jean-Pierre (conscient sa propre incompétence ?) se sent très menacé par les pouvoirs de Samantha et lui interdit de s'en servir (avec ses gros yeux moches). Et tout sourire, Samantha dit « oui, oui, bien sûr mon chéri », parce que soi disant elle adooooooorrrrrrrrrrrrreeeeeeeeee être une gentille femme au foyer, sauf que ses pouvoirs, elle s'en sert tout le temps ! Quand j'étais petite, je voyais Endora comme la méchante de service, peut-être que pour les adultes son personnage n'avait pas la même image, parce qu'en y repensant, c'était elle la voix de la sagesse. Elle avait bien raison de critiquer Jean-Pierre, de tenter d'ouvrir les yeux à sa fille même si cela passait par un peu de mesquinerie :-) Jean-Pierre n'était pas du tout « le pauvre gentil mari de Samantha », mais un homme qui par fierté ou par peur, brimait la véritable nature de sa femme (puis de ses enfants !), étouffant leurs dons derrière une normalité bien fade.
D'ailleurs, la comparaison avec les couples d'aujourd'hui montre bien que Ma Sorcière bien aimée reflète un autre temps, d'autres moeurs... Dans Ghost Whisperer, Jim voit dans les missions de Melinda un élément essentiel de son bien-être, tout comme Joe est conspué dans Medium quand il refuse d'admettre les bienfaits des dons d'Alison et de leurs filles. J'y vois une évolution positive mais malheureusement pas encore évidente : les femmes ne doivent pas sacrifier leurs talents sur l'autel de leur foyer !
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