Mais ça valait le coup ! Voilà des mois, des années qu'on entendait parler de ce fameux téléfilm
réunissant Yamina Benguigui et Sofia Essaïdi pour son premier grand rôle, loin de la Star Ac et de Cléopâtre. O hasard, il se trouve que j'ai interviewé Sofia il y a un mois, qui m'avait révélé
qu'enfin France 2 avait décidé d'une date. La chaîne avait simplement laissé à Aïcha le temps de récolter un bouche à oreilles fait d'éloges et de récompenses ! Sofia elle-même était très
enthousiaste. La plus grosse surprise est venue de la dimension comique de la fiction, on s'attendait sûrement à voir un plaidoyer vibrant et larmoyant sur la condition des femmes
maghrébines dans les cités ! Mais pas besoin de tomber dans le pathos pour être poignant ! J'ai ri à plusieurs reprises, Yamina Benguigui a mélangé dérision et tendresse, et même si on ne fait pas partie de cette communauté, on se sent complice de ses clins d'oeil, sûrement parce que c'est un film de femmes, filles, mères, cousines, voisines... Les femmes des cités ne sont plus cachées derrière des murs ou des voiles, elles parlent, elles crient (souvent), elles rêvent de tradition ou d'émancipation, elles pleurent... Bref, elles sont touchantes.
C'est délicat comme sujet malgré tout, j'espère que la légèreté du ton n'effacera pas l'importance du message. J'ai trouvé hilarante la scène du "certificat de la virginité", et pourtant elle fait totalement froid dans le dos ! Il y a beaucoup de malheurs et de douleurs dans la vie de ces femmes, ça donne des envies de révolte ! Bon ça, j'en avais déjà :-) Mais ça fait tellement mal de les voir supporter le poids d'un archaïsme absurde (sans oublier le racisme !)... On a toujours un peu de mal à y croire !
Sofia était magnifique comme toujours, j'espère que sa présence aura attiré du monde, surtout des jeunes téléspectatrices ! Quelle jolie manière de débuter une carrière, la suite est en projet... Vivement !



J'ai aimé le film de Chabrol, Une affaire de femmes. J'ai
aimé sa manière implacable de dépeindre la tragédie d'une femme, tout en étant absolument pas militant. Isabelle Huppert joue Marie, une femme qui finira guillotinée pour avoir pratiqué des
avortements. Une martyre féministe ? Même pas. Ou alors...
Du coup je me suis laissée embarquer par le reste de la soirée. Je ne
saurais que trop vous recommander d'aller visionner sur Arte.fr le documentaire La lune en moi, qui se penche sur les règles, ce qu'elles représentent, ce qu'elles infligent, et bien sûr
sur les relations que femmes et hommes entretiennent avec elle. Pas de risque de redite, vu que c'est un sujet dont on ne parle jamais ! Et en plus, ce documentaire est plein de remarques
pertinentes qui font vraiment réfléchir.
Attention, événement, hier j'ai regardé Arte TOUTE la soirée, je
crois que mon cerveau ne s'en est pas encore remis... Après Nord et Sud, j'ai (re-re-)regardé les Virtuoses, film culte des 90's où Ewan McGregor est étonnament peu sexy. Du coup
je me suis laissé embarquer par le documentaire diffusé juste après, qui revenait sur la polémique qui a entouré la sortie en Allemagne le livre de Charlotte Roche Feuchtgebiete, bien
dispo en France sous le titre Zones Humides. Du scandale, de la provoque, de la littérature... Ca m'a rappelé mes années étudiantes pendant lesquelles j'avais justement étudié de tels
ouvrages.
La polémique avait enflé ces dernières semaines, bouh les vilains
César élitistes qui n'avaient même pas daigné inclure Bienvenue chez les Ch'tis parmi les nommés (à une exception près). Et effectivement, les 20 millions de spectateurs du film n'avaient
aucune chance de faire le poids face à Séraphine, vu par à peu près personne mais qui s'est offert le luxe de repartir avec sept statuettes ! Je trouve plutôt drôle que Yolande finisse
star de la soirée, même si elle n'est pas Ch'ti, à côté des autres comédiennes présentes, elle a tout de même une touche Province et prolétariat qui n'a pas dû déplaire à Dany Boon, de même que son
petit discours « le réalisateur a pensé à moi en me croisant au Super U, avis aux réalisateurs de talent, maintenant je vais au Monoprix ! ».
J'ai réalisé que ça faisait un moment que je n'avais pas regardé la
télévision un jeudi soir, souvent soir de sortie. Faut dire aussi que c'est souvent un peu le désert ce jour-là, et particulièrement hier soir : foot sur M6, film viril sur Arte, Brigade
Navarro sur TF1... Même si ce gros macho de Navarro n'est plus là (d'ailleurs il est mort finalement ?) , ça ne me disait rien. J'ai donc opté pour Le Piano oublié, aidée en cela par
l'excellente critique de mon magazine télé.
Hier soir, après New York, section criminelle, plutôt que
d'affronter la tristesse du monde en regardant Delarue (mais j'ai cru comprendre qu'il y avait quelques cas bien sympathiques...), j'ai préféré visionner le téléfilm diffusé en prime sur France 2,
Etat de manque. Ce qui m'avait interpellée : une histoire de femmes, une histoire de femmes au boulot, une histoire de femmes au boulot confrontées à un gros macho... Il fallait que je
vois ça ! Le scénario : trois employées d'une grosse boîte d'assurance sympathisent un peu par hasard et découvrent que le même homme, un collègue of course, leur a brisé le coeur. Elles décident
de se venger... Chacune doit en même temps échapper à une addiction : la cigarette, l'alcool ou la nourriture.
Souvenez-vous il y a deux ans France 2 avait rencontré un
beau succès avec Petits Meurtres en famille, une adaptation très libre d'un roman d'Agatha Christie. Une esthétique irréprochable, un vrai suspense, des répliques inspirées et de riches
personnages, la réussite de cette saga était indéniable. Je l'avais d'autant plus appréciée qu'elle mettait en scène ce cher Grégori Derangère que j'avais pu rencontrer pour l'occasion (
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