
Qui est la fameuse ménagère ?
Je suis facile à séduire. En
matière de téléfilm, j'entends... Quand j'ai lu le résumé des Vacances de Clémence, j'en trépignais d'avance : en 1967, une mère au foyer de 26 ans découvre une nouvelle
vie grâce à l'une de ses amies, qui milite au planning familial, et sa rencontre avec un professeur de philosophie va remettre en cause son mariage. Moi, tu me parles des années 60, de femmes au
foyer désespérées, d'émancipation féminine... j'accours. J'aurais aimé être une militante féministe à cette époque, dans les années 60-70 on luttait contre le sexisme, aujourd'hui on passe plus
de temps à lutter contre une fausse image du féminisme, c'est triste.
La vie de Clémence était assez bien vue : bien sûr qu'elle fait la cuisine, son mari est à l'usine, chacun son rôle... Et d'où se permet-elle de sortir le soir ? Son mari ne l'y a pas autorisé... C'est difficile pour tout le monde d'envisager le changement, même s'il est la clé de son propre bonheur. Malgré les invitations de sa mère et de son amie à penser un peu à elle, Clémence résiste. Elle aime son mari, ses enfants. Mais la frustration finit par prendre le dessus : comment être épanouie face à un mari qui vous traite comme un meuble, pire un meuble dont il est le propriétaire ?
Mais la liberté ce n'est pas le bonheur, il faut savoir l'apprivoiser. Clémence s'enfuit avec un homme, libre, sentimentalement et politiquement. Trop pour elle qui peine à sortir de ses schémas d'éducation : elle rêve de remariage, fait le ménage sans se poser de questions... Après quelques va-et-vient entre ses deux vies, une tentative de viol conjugal (il a le droit, c'est « sa » femme) et un avortement, Clémence finira par revenir auprès de sa famille avec l'espoir d'un mari prêt à accepter ses envies de liberté. A voir... Mai 68 approche et Clémence ne réalise pas que tout va changer...
Je suis partagée. J'apprécie le
réalisme de l'histoire qui montre qu'il n'y a pas d'un côté une conjugalité malheureuse et de l'autre une liberté épanouissante, que tout n'est pas si simple. Mais j'aurais aimé un peu plus
d'exaltation de la part de l'héroïne, ce n'est quand même pas rien de fuguer et d'envisager une nouvelle vie ! Mais ce n'est pas comme ça qu'ils ont conçu Clémence, sous les traits de la discrète
Laëtitia Spigarelli. Ils n'ont pas tort, les passionaras ne sont pas les seules à avoir été touchées par les bouleversements des années 60 !
Ca ne m'a pas dérangée outre-mesure, mais j'ai trouvé les dialogues un chouilla didactiques. Un peu dans le même thème, tout aussi militant mais plus vibrant, je conseille L'une chante, l'autre pas d'Agnès Varda !
Je trouve comme toi que l'idée de départ était bonne, mais le manque d'exaltation un peu dommage. Le personnage qui m'a le plus plu, c'est celui d'Esperanza, la maman...
Ouiii ! Comment peut-on devenir si effacée avec une mère comme Esperanza !!