Une série, deux
possibilités. En Allemage, ça s'appelle Verliebt in Berlin (amoureux à Berlin), en France, les 42 817 épisodes (en fait 645 je crois) ont été séparés en deux séries : le
Destin de Lisa et le Destin de Bruno. Déjà rien que le titre. Le Destin de Lisa, ça sonne roman Harlequin, mais ça sonne. Le Destin de Bruno, ça ne colle pas, les
hommes ça ne doit pas avoir de destin, faut croire :-)
En bonne ménagère, et surtout en bonne chômeuse à l'époque, je suis tombée dans Le Destin de Lisa. C'est tellement facile de s'identifier à cette héroïne, intelligente mais très loin des critères de beauté et d'élégance de l'héroïne idéale telle qu'on se l'imagine. Je pense qu'on est toutes plus ou moins complexées vis-à-vis des beautés du petit écran, alors un appareil dentaire, de grosses lunettes et un chemisier orange qui s'incrustent dans un univers de stilettos et tailleurs blancs ivoires, on s'y voit déjà tout en étant rassurée, elle est pire que nous...
Et j'aimais la Lisa fleur bleue, elle me rappelait moi, un moi du passé (et un peu du présent parfois...), celle qui pouvait être amoureuse pendant une éternité sans jamais oser le moindre geste, simplement en bavant d'admiration. D'ailleurs quand j'ai trouvé du travail, j'ai continué à suivre le feuilleton (enregistré) tous les matins devant mon petit déjeuner, simplement pour voir la relation de Lisa et David évoluer. Et je n'ai pas été déçue par leurs rapprochements, leurs je-t'aime-moi-non-plus et pour finir par leur beau mariage hautement improbable ! Les personnages secondaires étaient sympathiques, la BO très réussie et le scénario faisait preuve de quelques audaces pas inintéressantes. Bref, c'était un chouette soap-opera. Néanmoins il était plus que temps qu'il se termine, le summun du traînage en longueur ayant été atteint au moment de l'enlèvement de David. Pour donner une petite idée, Lisa a déjà mis une semaine d'épisodes pour simplement découvrir qu'il avait été kidnappé...
Repartir pour une
nouvelle salve d'épisodes, qui plus est sans ma petite Lisa chérie, je n'étais pas très chaude. J'ai regardé quand même, curieuse de voir ce fameux demi-frère sorti de nulle part. Rien
que d'imaginer Bernard Plenske en bourreau des coeurs infidèles, hum, je me gausse (c'est le beau gosse à gauche sur la photo :-p). J'ai aimé retrouver ces personnages et lieux familiers, suivre
les déchirures du couple parental qui était pourtant à la base le couple le plus plan-plan du monde et... c'est à peu près tout en fait. Jamais je ne m'identifierais à Bruno le maladroit, et les
autres nouveaux personnages ne sont pas franchement à la hauteur : entre la bimbo secrétaire cruche et la fade Nora avec son horrible bouchee collagénée (je ne vois plus que ça), je n'attends
qu'une chose, le retour de Lisa et d'Hanna. Sinon les méchants sont toujours méchants et chacun y va de sa magouille. Le top du rebondissement scénaristique étant l'arrivée de la soeur jumelle
d'Agnès (personnage sympathique de la première saison), très austère mais naturellement jouée par la même actrice. Je ne croyais pas qu'en 2007, on pratiquait encore le coup du jumeau dans les
soap-operas :-)
Grâce à mon emploi du temps très dégagé, je regarde néanmoins le Destin de Bruno quand je suis chez moi à l'heure du goûter :-) Mais sans son concept, la série a perdu de son charme et les téléspectateurs ne sont plus verliebt !
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Il y a des créneaux horaires sur
lesquels M6 galère. Il fut un temps, c'était l'access prime-time qui posait problème mais Un dîner presque parfait et 100% Mag ont fait oublier les errances de programmation.
Reste le problème de l'heure du dej... Avant c'était réglé, une sitcom et Dr Quinn, femme médecin et la Petite Maison dans la Prairie en alternance. Pas assez hype visiblement,
on est passé au tout sitcom, avec même une tentative de talk show (Sacrée Laurence). Ca ne donne pas grand chose, tout comme la rediffusion d'Un dîner presque parfait. Ca ne
marche pas à tous les coups !
Sauf si vous avez envie de vomir...
Les années 60 ont le vent en poupe, l'effet anniversaire de mai 68 probablement. Le 7e
Juré est l'adaptation d'un livre de Francis Didelot, qui a déjà été porté à l'écran en 1962 par Georges Lautner. Je ne connaissais pas l'histoire : un pharmacien tue une jeune femme qui lui
résistait, et se retrouve juré au procès de l'homme accusé à sa place, un jeune algérien qui fréquentait la victime.
Naturellement, c'est aussi une France misogyne qu'on perçoit dans le 7e Juré. Au
procès, on ne manque pas d'évoquer la vie sentimentale débridée de la jeune femme, le rituel de « elle l'a bien cherché » en quelque sorte... Il y a également la femme du pharmacien
(Isabelle Habiague) qui, une fois mise dans la confidence, met tout en oeuvre afin de sauver son mari, pour finalement découvrir qu'il ne ressent pour elle que de la haine (au point de
l'étrangler elle-aussi).
Le point Cédric
J'ai déjà dit du mal de la pub (
Je suis facile à séduire. En
matière de téléfilm, j'entends... Quand j'ai lu le résumé des Vacances de Clémence, j'en trépignais d'avance : en 1967, une mère au foyer de 26 ans découvre une nouvelle
vie grâce à l'une de ses amies, qui milite au planning familial, et sa rencontre avec un professeur de philosophie va remettre en cause son mariage. Moi, tu me parles des années 60, de femmes au
foyer désespérées, d'émancipation féminine... j'accours. J'aurais aimé être une militante féministe à cette époque, dans les années 60-70 on luttait contre le sexisme, aujourd'hui on passe plus
de temps à lutter contre une fausse image du féminisme, c'est triste.
Je suis partagée. J'apprécie le
réalisme de l'histoire qui montre qu'il n'y a pas d'un côté une conjugalité malheureuse et de l'autre une liberté épanouissante, que tout n'est pas si simple. Mais j'aurais aimé un peu plus
d'exaltation de la part de l'héroïne, ce n'est quand même pas rien de fuguer et d'envisager une nouvelle vie ! Mais ce n'est pas comme ça qu'ils ont conçu Clémence, sous les traits de la discrète
Laëtitia Spigarelli. Ils n'ont pas tort, les passionaras ne sont pas les seules à avoir été touchées par les bouleversements des années 60 !
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